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IN THE ZONE : ENTRE ENGAGEMENT ET DETACHEMENT

Ce billet fait suite à celui sur le Multi-tasking et sur la déperdition d’impact que j’y vois. J’aimerais cette fois vous parler de la concentration lors du « mono-tasking ».

Ok, donc vous avez débranché le téléphone pour vous consacrer à un sujet chaud à fort enjeu (une négo, un oral, la conception d’une propale, etc.).

La mauvaise idée serait de « vouloir » vous concentrer. Avez-vous remarqué que là où il y a de la volonté, il y a de la lourdeur ? Avez-vous remarqué que parfois, sans le vouloir, tout se passe parfaitement : vous trouvez les mots justes, vous « sentez » que vous accrochez vos interlocuteurs, vous avez de l’impact ? Bravo, vous avez fait l’expérience de « la zone ». Un moment de grâce qui, parfois, retombe au moment où l’on réalise que l’on est au top. Le cerveau (la volonté) reprend le dessus et l’on est « pris » par l’enjeu. Nos croyances limitantes (je ne suis pas un bon speaker, mon interlocuteur ne va pas me comprendre, il va « lire » dans mon jeu, etc.) nous remettent dans notre scénario « perdant ».

Si la volonté ne fonctionne pas, comment faire pour être impactant et faire preuve d’intelligence de situation ? 

En redevenant animal, à l’affût, instinctif, les sens en éveil.

Il s’agit pour cela d’écouter nos sens. Certains sont plutôt visuels et peuvent concentrer leur regard sur des micros détails de l’environnement ambiant; d’autres sont kinesthésiques et peuvent ressentir le contact de leurs mains sur la table; d’autres encore privilégient l’ouïe. Il ne s’agit pas de « sortir » du meeting, il s’agit de l’habiter, de le sentir, d’« être » le meeting.

Essayez, amusez-vous ! Sentez l’air entrer dans vos narines, écoutez battre votre coeur. Soyez au-dedans et au-dehors : dans le meeting et sur vos sensations. Cela suppose beaucoup d’entraînement, mais c’est le moyen le plus sûr pour atteindre la « zone ». 

Autre chose sur la concentration : Björn Borg dit qu’à sa plus grande époque, il était capable d’être concentré 5 heures par jour. Qui oserait travailler de manière compacte et concentrée quelques heures par jour seulement ? Timothy Ferris a écrit un best-seller appelé « La semaine de 4 heures » où il est question d’optimisation du temps et de faire de soi-même une PME où l’on externalise les tâches à faible valeur ajoutée. Cela me paraît extrême, difficile à réaliser et en plus cela n’intègre pas l’idée clé selon laquelle c’est parfois dans les temps morts que les vrais sujets émergent. Mais cela donne tout de même une direction dans le cleaning des agendas surchargés.